Comment l’IA réduit les coûts et crée de nouveaux revenus dans l’industrie lourde : les chiffres 2026

L’intelligence artificielle appliquée à l’énergie et au carbone pourrait générer de 1 300 à 2 600 milliards de dollars de revenus supplémentaires et de réductions de coûts d’ici 2030, selon le BCG. Dans une usine, cet argent se trouve à quatre endroits : l’énergie perdue sous forme de chaleur (de 20 % à 50 % de l’énergie consommée par l’industrie, selon le département de l’Énergie des États-Unis), la facture de quotas d’émission, qui grimpe à mesure que l’allocation gratuite recule, les combustibles et le clinker que l’on peut remplacer, et les nouveaux revenus liés aux certificats d’économies d’énergie et au captage du CO2. Carbonova, entreprise brésilienne d’IA pour l’industrie lourde, réunit les quatre dans une même couche de données. Voici les chiffres, avec leurs sources.
Les chiffres en 30 secondes
- De 1 300 à 2 600 milliards de dollars : valeur que l’IA pourrait générer d’ici 2030 en revenus supplémentaires et en économies liés au développement durable, avec 5 % à 10 % d’émissions en moins (BCG).
- De 20 % à 50 % : part de l’énergie consommée par l’industrie perdue sous forme de chaleur (département de l’Énergie des États-Unis).
- 10 % ou plus en 18 mois : amélioration de la performance énergétique généralement obtenue avec la norme ISO 50001 (gouvernement du Canada).
- 97,5 % puis 95 % : part de l’allocation gratuite conservée par les secteurs du CBAM, dont le ciment, en 2026 puis en 2027 ; elle tombe à zéro en 2034 (directive (UE) 2023/959).
- 82,32 euros la tonne : prix du certificat CBAM pour le troisième trimestre 2026 (Commission européenne).
- 52 % en 2023, 80 % visés en 2030 : part de la chaleur des fours de cimenterie fournie par des combustibles issus de déchets (France Ciment).
- 1,6 milliard d’euros : enveloppe totale des sept lauréats de l’appel d’offres « Grands projets industriels de décarbonation », dont trois projets de captage du CO2 en cimenterie (Direction générale des entreprises).
Où sont les économies
Chaleur perdue. De 20 % à 50 % de l’énergie achetée par une usine s’échappe par les gaz chauds, l’eau de refroidissement et les surfaces chaudes. Une gestion méthodique de l’énergie se rentabilise vite : dans neuf sites certifiés étudiés par le Lawrence Berkeley National Laboratory, les économies ont atteint en moyenne 503 000 dollars par an, avec un retour sur investissement en 1,7 an. Calcul illustratif : une usine dont la facture énergétique atteint 30 millions d’euros par an et qui améliore sa performance de 10 % économise 3 millions d’euros par an.
Quotas et allocation gratuite. En l’état actuel du droit, l’allocation gratuite des secteurs couverts par le CBAM, comme le ciment, baisse de 2,5 points en 2026 puis à nouveau en 2027, pour tomber à zéro en 2034. Une proposition de la Commission du 17 juillet 2026 étalerait cette sortie jusqu’en 2038, mais elle n’a pas encore été adoptée. Chaque tonne évitée est donc un quota que vous n’achetez pas.
Combustibles et clinker. Les combustibles issus de déchets ont fourni 52 % de la chaleur des fours en 2023, et la filière vise 80 % en 2030 ; seule leur part de biomasse est considérée comme neutre en carbone. Le taux de clinker moyen était de 718 kg par tonne de ciment en 2023, pour un objectif de 680 kg en 2030 (France Ciment). Chaque kilo de clinker en moins réduit à la fois la consommation d’énergie et les émissions de procédé.
Torchage. La Banque mondiale estime à 167 milliards de m³ le volume de gaz brûlé à la torche dans le monde en 2025, soit une perte d’environ 54 milliards de dollars. Des mesures réalisées dans trois bassins américains ont révélé une destruction moyenne du méthane de 91,1 %, et non les 98 % supposés, avec des torches éteintes 3 % à 5 % du temps (Plant et al., Science, 2022).
Où sont les nouveaux revenus
- Certificats d’économies d’énergie (CEE). Les économies d’énergie réalisées dans l’industrie peuvent être valorisées en CEE, un CEE correspondant à un kWh cumac ; les fournisseurs d’énergie obligés les achètent pour remplir leurs obligations, et depuis 2019 les installations soumises au système d’échange de quotas peuvent en générer pour certaines opérations.
- Captage du CO2 soutenu par l’État. En février 2026, l’État a retenu sept lauréats de l’appel d’offres « Grands projets industriels de décarbonation » (1,6 milliard d’euros au total), dont trois projets de captage en cimenterie de 0,9 à 1,2 million de tonnes de CO2 par an chacun, avec une aide sur 15 ans. Aucune cimenterie française ne capte encore de CO2 à grande échelle.
- Quotas excédentaires. Dans le SEQE-UE, les quotas dont une installation n’a pas besoin pour sa conformité peuvent être vendus au prix du marché.
- Un ciment importé qui paie aussi son carbone. Depuis 2026, le CBAM s’applique au ciment importé ; sans données vérifiées, l’importateur déclare des valeurs par défaut majorées de 10 % en 2026, de 20 % en 2027 et de 30 % à partir de 2028.
Comment Carbonova transforme ce potentiel en trésorerie
- CarbonOS : une plateforme d’agents d’IA qui relie les données SCADA, ERP (SAP, Oracle) et IoT, tient un inventaire d’émissions traçable et auditable, et produit les rapports CBAM et CSRD ainsi que ceux fondés sur les normes ISSB. Énergie, carbone et revenus se retrouvent dans le même compte. Voir les solutions.
- Carbonova Build (accès anticipé) : ingénierie industrielle AI-first, avec simulation de procédés, analyse pinch et des échanges thermiques, contrôle avancé et maintenance prescriptive, pour identifier et quantifier la chaleur et l’énergie que perd une usine. Voir Build.
- Carbonova Sense (phase pilote) : un moniteur de torchères à IA embarquée qui déduit l’état de combustion (allumée et normale, fumante, dégradée, éteinte, en ventage ou sans débit) à partir de l’imagerie thermique, de la vidéo et de l’acoustique. Le méthane rejeté est calculé à partir des données de procédé lors d’événements confirmés. Sense n’est pas un capteur de méthane. Voir Sense.
Combien une usine peut-elle économiser avec la gestion de l’énergie ?
Les entreprises qui mettent en œuvre l’ISO 50001 améliorent généralement leur performance énergétique de 10 % ou plus dans les 18 premiers mois, selon le gouvernement du Canada. Dans neuf sites certifiés du programme américain Superior Energy Performance, les économies ont atteint en moyenne 503 000 dollars par an, avec un retour sur investissement en 1,7 an.
Une cimenterie peut-elle obtenir des CEE ?
Oui, sous conditions. Le dispositif couvre tous les secteurs, dont l’industrie, et les installations soumises au système d’échange de quotas peuvent générer des CEE pour certaines opérations depuis 2019. Vérifiez l’éligibilité de chaque opération avant d’investir.
Quand la CSRD s’appliquera-t-elle ?
La France a transposé la CSRD par l’ordonnance 2023-1142, et la loi du 30 avril 2025 a reporté de deux ans les vagues 2 et 3. Les seuils de l’Omnibus I (plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires) ne s’appliqueront qu’après leur transposition, attendue au plus tard le 19 mars 2027.
Carbonova Sense mesure-t-il le méthane ?
Non. Sense déduit l’état de combustion de la torchère directement sur l’appareil. Lors d’événements de ventage confirmés, la masse de méthane est calculée à partir du débit SCADA, de la durée et de la composition du gaz. Il ne mesure pas le méthane dans l’air et n’est pas un système de détection de fuites.
Vous voulez savoir combien votre usine laisse échapper en énergie, en gaz et en carbone ? Demandez une démonstration. Carbonova, dont le siège est à São Paulo (Brésil), a été sélectionnée pour la cohorte « Fall 2026 Milestone Makers : CleanTech » du Nasdaq Entrepreneurial Center et pour le Qualcomm AI Program for Innovators 2026 en Amérique latine.
Sources
- BCG (2021) : Reduce Carbon and Costs with the Power of AI
- Département de l’Énergie des États-Unis (2008) : Waste Heat Recovery: Technology and Opportunities in U.S. Industry
- Lawrence Berkeley National Laboratory (2014) : Superior Energy Performance, retour en 1,7 an
- Ressources naturelles Canada (2016) : ISO 50001
- Directive (UE) 2023/959 (réforme du SEQE-UE)
- ICAP : proposition de révision du SEQE-UE (juillet 2026)
- Commission européenne : prix des certificats CBAM
- Règlement d’exécution (UE) 2025/2621 : valeurs par défaut du CBAM
- France Ciment (2025) : feuille de route de décarbonation
- France Ciment (2024) : double valorisation des déchets
- Direction générale des entreprises : sept projets lauréats de l’appel d’offres « Grands projets industriels de décarbonation »
- Ministère de la Transition écologique : dispositif des certificats d’économies d’énergie
- Banque mondiale (23 juin 2026) : torchage du gaz dans le monde
- Plant et al., Science (2022) : torchères inefficaces et éteintes
Dernière révision : 18 octobre 2026





.avif)